Appel de textes / Call for papers – Journal LIBERTE OUVRIERE

Appel de textes

LIBERTÉ OUVRIÈRE – journal/revue bilingue anarcho-syndicaliste

Publication prévue pour le premier mai 2021

Contactez l’adresse suivante pour projets de textes:

journal_liberteouvriere(a)riseup.net

Date de tombée environ début avril

Longueur de textes : d’un quart de page à deux pages

Thèmes:

  • Luttes locales et internationales
  • Réflexions et débats
  • Témoignages
  • Répression anti-syndicale
  • Solidarité
  • Etc.

Call for papers

LIBERTÉ OUVRIÈRE – bilingual anarcho-syndicalist journal

Planned for Mayday 2021

Contact address:

journal_liberteouvriere(a)riseup.net

Deadline : early April

Text length :quarter page to two pages

Themes:

  • Local and international struggles
  • Critics and debates
  • Anti-union repression
  • Solidarity
  • History
  • Etc.

Pourquoi nous sommes féministes révolutionnaires – Des membres de La Grotte

Mots-clés

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Un texte Des membres de La Grotte, local anarchiste-communiste et féministe de Poitiers
Paru dans Courant Alternatif #305 décembre 2020
Lire en ligne sur le site de l’Organisation Communiste Libertaire

A l’heure où les « questions de genre » sont, notamment en France, un des thèmes favoris des élites politiques, universitaires et médiatiques, et où les courants féministes existants s’opposent sur divers sujets, il nous a paru important de préciser nos propres positions sur le féminisme, en tant que militantes anarchistes-communistes.

Nous luttons à la fois contre le patriarcat et contre le capitalisme

Le patriarcat est le système d’oppression qui assoit la domination des hommes sur les femmes dans tous les domaines de la société (économique, politique, sexuel, intellectuel…). Cette oppression spécifique est transversale en ce qu’elle touche toutes les femmes de la société, quelle que soit leur appartenance de classe ; et elle est fonction de leur sexe biologique, ou plus exactement de leurs capacités procréatives (effectives ou potentielles) que les tenants de l’ordre établi veulent contrôler. Les femmes sont en effet assignées à la sphère privée pour assurer la reproduction sociale sur le court et le long terme. Elles ont à charge, dans leur grande majorité, l’élevage des enfants, la préparation de la nourriture, l’entretien du logement, etc., tandis que les hommes occupent la sphère publique. Ces rôles différenciés sont imposés aux deux sexes par tout un conditionnement exercé dès la naissance – avec, concernant les femmes, l’injonction à avoir des enfants. Aussi ne peuvent-elles échapper à leur condition qu’en abolissant le rôle attendu d’elles, appelé en France « sexe social » par le Mouvement de libération des femmes (MLF) dans les années 1970 – mais rebaptisé « genre » dans les années 1980 sous l’influence des études culturelles produites par l’Université américaine.

Le capitalisme est le système d’exploitation économique par lequel la bourgeoisie (classe détentrice des moyens de production) exploite le prolétariat (ceux et celles qui ont juste leur force de travail à vendre). Ce système est postérieur au patriarcat, mais il est lié à lui – en particulier parce que l’organisation patriarcale de la société sert les intérêts des capitalistes en leur offrant une reproduction gratuite de la force de travail, du fait que les tâches domestiques ne sont pas rémunérées.

De nos jours, les femmes font massivement partie du salariat, car l’économie capitaliste a sans cesse besoin d’accroître sa main-d’œuvre pour augmenter les profits d’une minorité. Elles sont – globalement – plus diplômées que les hommes, mais moins payées qu’eux ; et ce sont elles qui, au bas de l’échelle sociale, occupent majoritairement les emplois les plus précaires et à temps partiel. De plus, si la sphère publique et l’encadrement des entreprises se féminisent peu à peu, le rôle attribué aux femmes dans la sphère privée n’a guère été modifié : la plupart d’entre elles sont ainsi confrontées à une double journée de travail.

Pareil constat conduit nombre de féministes aux idées libérales ou progressistes à revendiquer une meilleure place dans les structures économiques, politiques et sociales existantes par l’obtention de droits ou de lois contre les inégalités entre les sexes, ou encore par l’intervention de l’Etat contre les violences faites aux femmes.

Leur démarche réformiste n’est pas la nôtre, car nous voulons détruire la hiérarchie sociale entre les sexes mais aussi entre les classes. Il faut bien sûr défendre des conquêtes sociales telles que l’avortement et se battre contre toutes les discriminations dans le système en place, mais sans jamais perdre de vue qu’il n’est pas aménageable. Ce n’est pas un hasard si les « questions de genre » figurent aujourd’hui parmi les sujets de prédilection desdites « élites », et si elles sont pour une bonne part disposées à ce que certaines femmes accèdent aux hautes sphères : elles savent que les fondements profondément inégalitaires de la société en seront confortés.

Se libérer de l’exploitation économique et de la domination masculine implique donc toujours la disparition à la fois du capitalisme et du patriarcat.

• Nous critiquons le postmodernisme

La vague « néolibérale » qui a suivi l’effondrement du bloc de l’Est, en 1991, a peu à peu conduit les mouvances contestataires et intellectuelles occidentales à abandonner l’idée de révolution. Ce résultat est certes dû, en France, à la propagande du système en place : elle a proclamé la fin des idéologies, la disparition de la classe ouvrière et la faillite du « communisme », le triomphe du « libéralisme » et du consumérisme dans une société où la critique et la résistance n’auraient plus leur place. Mais les théories postmodernes qui se sont répandues dans tous les secteurs de cette société via l’Université, depuis une trentaine d’années (voir l’encadré), y ont aussi largement contribué.

Le postmodernisme rejette en effet toute vision globale de l’Histoire et toute analyse générale, au prétexte que celles-ci conduiraient fatalement à un nouveau totalitarisme. Il affirme que le monde est désormais trop complexe pour que sa marche puisse être modifiée, et met l’accent sur l’individu au détriment du collectif – tout en écartant la notion d’un sujet autonome, capable d’actions et de choix conscients. Dans cette logique, il critique l’universalisme bien plus que la mondialisation du capitalisme. Or si l’universalisme et la pensée rationnelle des Lumières sont, selon nous, largement contestables pour les normes qu’ils ont permis d’imposer à toute la planète dans le dessein de servir l’impérialisme occidental (en présentant le colonialisme et le patriarcat comme légitimes et bénéfiques y compris pour les peuples de couleur et pour les femmes), le féminisme et les mouvements antiesclavagistes et pacifistes n’en ont pas moins émergé au XIXe siècle dans leur sillage.

Les théories postmodernes accordent qui plus est une grande importance aux structures, notamment linguistiques, et aux modèles de pensée, d’organisation sociale et de comportement que celles-ci déterminent, mais pour en souligner le caractère instable et temporaire – la réalité serait « précaire », plurielle et morcelée parce qu’elle se confondrait avec les interprétations subjectives qu’on en fait…

Toutes ces idées peuvent présenter un intérêt sur le plan intellectuel et être débattues, mais elles n’incitent vraiment pas à rechercher un changement social d’envergure. Appliquées aux « questions de genre », elles ont débouché sur une multiplication d’« oppressions particulières » dans lesquelles celle des femmes s’est noyée – elles composent pourtant la majorité de la population –, et sur des analyses qui, en se focalisant fréquemment sur les minorités sexuelles, les rapports de « race » ou de genre, font perdre de vue les classes sociales et les intérêts économiques représentés par celles-ci.

• Nous contestons la conception « moderne » du genre

Dans les années 1970, il était largement admis au sein du MLF que la sujétion des femmes s’établissait sur la base de leur sexe biologique ; que cette sujétion permettait à la fois la reproduction de l’espèce et celle de la classe dominante, par la transmission des biens ; et qu’elle servait les intérêts du capitalisme en lui assurant gratuitement l’entretien de sa main-d’œuvre. Pour que le masculin ne soit plus la norme de l’humanité, il fallait donc supprimer le rôle social attribué à chaque sexe.

Malheureusement, après avoir été secouées par Mai 68 et les mobilisations suivantes, les institutions patriarcales ont vite retrouvé leur position hégémonique, et les universitaires sont devenu-e-s la nouvelle avant-garde intellectuelle qui, avec notamment la « théorie queer » et les « politiques de l’identité », défend son pré carré et l’ordre établi.

En déformant la formule employée par Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe « On ne naît pas femme, on le devient » et en recourant à un jargon des plus abscons réservé aux initié-e-s, on nous assure à présent, sur les pas de Judith Butler, que non seulement le genre mais aussi le sexe sont des constructions sociales arbitraires. En s’appuyant sur l’exception biologique des personnes intersexes, qui n’entrent ni dans la catégorie « hommes » ni dans la catégorie « femmes », on nous « démontre » que ces deux catégories ne correspondent pas à la diversité humaine. Sur l’argument que des personnes refusent le rôle associé à leur genre (gays, lesbiennes, bi, trans), on nous présente celui-ci soit comme un choix (on pourrait l’adopter librement et le subvertir), soit comme une « essence » propre à chacun-e, indépendamment de son corps. Ce ne serait pas l’appartenance à une catégorie, mais le genre auquel on s’identifie (une identité autodéfinie de façon positive) qui dicterait si on est marginalisé-e par l’oppression patriarcale ou si on en bénéficie.

A partir du terme « cis- » ou « cisgenre », un nouveau vocable censé rendre compte de l’échelle des oppressions, les femmes dites « cis- » se retrouvent placées en haut de cette échelle, juste en dessous des hommes dits « cis- », parce qu’elles sont supposées bénéficier de leur « adéquation entre leur sexe et leur genre assigné ». C’est ainsi que même une féministe luttant pour l’abolition du genre qui lui a été assigné peut être rangée parmi les dominant-e-s…

De tels raisonnements reviennent selon nous, d’une part, à nier l’oppression spécifique des femmes puisque c’est sur le rôle social, ou genre, imposé à elles que s’établit une hiérarchie au profit des hommes ; d’autre part, à supprimer la base même sur laquelle peut exister un mouvement féministe (du latin femina, « femme »).

• Nous rejetons la façon dont est utilisée l’« intersectionnalité des oppressions »

Chaque personne est bien évidemment confrontée, au cours de sa vie, à une multitude de dominations ou de discriminations, mais l’usage qui est fait des analyses intersectionnelles développées à partir de cette réalité a des effets pervers :

1/ En ne prenant pas en compte les structures (économiques, politiques, sociologiques) qui établissent les dominations, on réduit le système d’oppression à des rapports interindividuels. On est de ce fait davantage dans la critique des normes par des personnes forgeant leur singularité que dans la critique de l’organisation sociale. De plus, l’oppression est remplacée par le concept de « privilèges » (c’est-à-dire les symptômes individualisés d’un système) ; et ces « privilèges » sont tenus pour équivalents, ce qui aboutit à un brouillage et à une dépolitisation des luttes à mener contre l’exploitation économique et contre la domination masculine. Ainsi, on nous parle d’un privilège « classiste » pour pointer la discrimination que certains « classistes » font subir aux personnes des classes inférieures, et non l’existence des classes sociales ; et quoique ce privilège découle d’un système (le capitalisme), il est mis sur le même plan qu’un privilège « validiste » (une personne valide par rapport à une personne handicapée). Pourtant, si un capitaliste a intérêt à exploiter un travailleur, une personne valide ne gagne rien à discriminer une personne invalide, et il n’existe pas d’exploitation spécifique des personnes invalides.

2/ En ayant comme objectif de changer les personnes une à une, et non les structures, on nuit à la construction d’une lutte contre les oppressions qui s’appuierait sur l’étude des processus sociaux globaux. Dès lors que tout le monde opprime plus ou moins tout le monde d’une façon ou d’une autre, la « politique » proposée est en effet une déconstruction individuelle toujours plus poussée, ou la constitution d’espaces safe dans lesquels aucune oppression ne s’exercerait.

3/ En figeant les individus en deux groupes, les dominant-e-s et les dominé-e-s, et en affirmant l’infaillibilité des dominé-e-s, on en arrive à une absurde course aux dominations, puisque la personne la plus opprimée sera – mécaniquement – celle qui aura le plus de pouvoir politique. On en vient également à des raccourcis « théoriques » aussi grossiers que faux. Par exemple, considérer que les « femmes blanches » sont l’instrument de la domination même quand elles sont ouvrières, ou lesbiennes ; ou qualifier les féministes « blanches » de « bourgeoises », et vice versa : toutes les Blanches ne sont pas bourgeoises, et toutes les bourgeoises ne sont pas blanches.

4/ En culpabilisant les personnes, on introduit une forte moralisation du champ politique, la seule attitude autorisée pour les « dominant-e-s » politisé-e-s étant d’être de « bon-ne-s allié-e-s », autrement dit de se taire et de suivre la ligne dictée par les « concerné-e-s ». Il ne s’agit donc plus de convaincre de façon rationnelle et politique, mais d’imposer son ressenti et de réduire au silence les personnes qui ne sont pas d’accord avec.

L’introduction du postmodernisme dans le champ social a, on le voit, produit des « problématiques de l’identité et de la fragmentation des luttes » plus axées sur le décorticage du présent que sur sa transformation en vue d’un meilleur avenir social. Il en résulte actuellement, dans les milieux dits radicaux, une valorisation du moi-sujet privilégiant l’émotion et le ressenti personnels comme seules possibilités de discours, éradiquant toute possibilité de critique plus globale. Mais l’extrême gauche et les libertaires se montrent également assez perméables à cette problématique de l’identité tournée sur une recherche obstinée de la différence ; la référence historique et théorique représentée par le monde ouvrier, l’existence même des classes populaires et la nécessité de l’anticapitalisme sont de ce fait trop souvent mises au second plan, voire oubliées – et ce au détriment de l’action militante sur le terrain social.

Il faut bien sûr, sur le plan personnel, chercher à vivre librement sa ou ses sexualités, et lutter contre les rapports de domination dans les sphères privée et publique, mais ce n’est pas en tenant les conflits de classes ou la critique de l’aliénation pour autant de ringardises, ou en détachant les revendications sexuelles de la question sociale, qu’on renversera l’ordre établi. S’attaquer fondamentalement aux rôles sociaux imposés, à la norme hétérosexuelle, aux féminicides, à la discrimination des trans ou à l’homophobie implique de redonner toute leur place au critère et aux analyses de classe, afin de pouvoir multiplier les pratiques de terrain efficaces contre notre ennemi, qui est comme hier le système patriarcal et capitaliste – et non juste les politiques « néolibérales » ou les comportements sexistes qu’il produit et alimente. De même, favoriser l’autonomisation des femmes implique non de les prendre en charge en les victimisant, notamment en les enfermant « pour leur sécurité » dans quelque ghetto safe compatible avec le système en place, mais de les aider à se donner elles-mêmes les moyens de leur émancipation.

Dans la décennie 1970, la « révolution sexuelle » a été rêvée comme un moyen de chambouler le système patriarcal – en contestant la norme hétérosexuelle et la possessivité dans les couples, on s’attaquait plus largement à toutes les structures de pouvoir. Cela n’a pas suffi : tandis que le système s’accommode maintenant sans peine des revendications féministes exprimées, les rapports entre les sexes continuent d’être basés sur l’appropriation du corps de l’Autre et sur un acte de mariage ou de PACS, donc sur la propriété privée, et l’hétérosexualité demeure la règle. On constate que l’exigence de fidélité n’est pas plus conditionnée à un contrat de mariage qu’à l’hétérosexualité, et qu’en dépit d’une liberté sexuelle facilement claironnée cette fidélité érigée en principe persiste. Or elle contribue au maintien de l’oppression féminine…

En conclusion, nous restons convaincues que si l’on veut toujours en finir avec l’exploitation capitaliste et l’oppression patriarcale, si l’on ne croit toujours pas que la « démocratie libérale » est le moins mauvais des systèmes, c’est une véritable révolution sociale que l’on doit viser !

Cette affiche devenue un symbole de la lutte féministe a d’abord été un outil au service du capitalisme. Elle a été réalisée pendant la Seconde Guerre aux Etats-Unis pour pallier le manque de main-d’œuvre masculine dans l’industrie : le gouvernement et le patronat voulaient inciter les femmes à effectuer temporairement des « métiers d’homme », afin de favoriser la victoire américaine. Mais la grande campagne de propagande dont elle était l’un des supports visait aussi à les dissuader de faire grève ou de s’absenter…

Le postmodernisme, qu’est-ce que c’est ? – Des membres de La Grotte

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Encadré du texte  »Pourquoi nous sommes féministes révolutionnaires »
Un texte Des membres de La Grotte, local anarchiste-communiste et féministe de Poitiers
Paru dans Courant Alternatif #305 décembre 2020
Lire en ligne sur le site de l’Organisation Communiste Libertaire

C’est par le terme de postmodernisme (ou de postmodernité) que l’on désigne le plus souvent notre époque ; mais s’il est beaucoup utilisé, et parfois dans des contextes très différents, ce terme est très peu défini. Issu des théoriciens des beaux-arts, il vise à la fin des années 1970 les œuvres produites depuis l’existence des mass media, et décrit en particulier le rapport nouveau que peuvent avoir l’artiste et le spectateur aux productions artistiques, du fait que les individus vivant dans les sociétés dites occidentales contemporaines sont constamment soumis à des images. Cette omniprésence des représentations entraîne un rapport constant à des citations, références et esthétiques particulières (telles que le collage, le fragment), ou encore un rapport ironique aux prédécesseurs. Pour simplifier grossièrement, ce qui est souligné là est un peu la différence entre une personne contemplant dans un musée, au XIXe siècle, une toile avec pour seul bagage ses souvenirs d’expositions précédentes et une autre qui, aujourd’hui, peut mettre en pause un film pour vérifier qu’une de ses scènes est bien extraite d’un autre film.


Mais la notion de postmodernité est entrée dans le champ politique avec d’autres théoriciens. Jean-François Lyotard, dans La Condition postmoderne, a désigné par là en 1979 un rapport nouveau au savoir et à l’information, qui nous rendrait hermétiques aux « grands récits » (par exemple : à quoi bon vouloir faire la révolution quand on sait qu’elle finira forcément dans un bain de sang ?). Puis Fredric Jameson – toujours en s’appuyant sur les arts plastiques – y a vu, ainsi que le dit le titre de son essai sur la question en 1991, « la logique culturelle du capitalisme tardif ». « Je me dois de rappeler cette évidence au lecteur, y écrit-il, à savoir que toute cette culture postmoderne mondiale, encore qu’américaine, est l’expression interne et superstructurelle d’une nouvelle vague de domination américaine, économique et militaire, à travers le monde : en ce sens, comme dans toute l’histoire des classes sociales, le dessous de la culture est le sang, la torture, la mort et la terreur. » Une remarque qui n’incite guère à s’en revendiquer…


En théorie politique, le postmodernisme a été récupéré de manière assez floue par les mouvements héritiers de la French theory (les études américaines qui ont découlé de la lecture des philosophes français Foucault, Derrida, Deleuze, etc.) et centré sur les identités (de genre, de « race » ou d’autres oppressions). Le terme postmoderne (parfois abrégé pomo) y voisine avec celui d’intersectionnalité, quand il ne se confond pas avec. Il est souvent utilisé pour légitimer les luttes individuelles au détriment de combats collectifs. Mais n’oublions pas que la façon dont on désigne une période est toujours marquée idéologiquement : la Belle Epoque n’était belle que pour les bourgeois, et les Trente Glorieuses ne le sont surtout que pour l’Economie. Espérons que le postmodernisme n’empêchera pas la création d’utopies à grande échelle et ne nous confortera pas longtemps dans l’individualisme.

Décès de l’historien et militant anarchiste Alexandre Skirda

Librairie L'Insoumise

Read in English from the Anarchist Communist Group website

Alexandre Skirda, historien et militant anarchiste est mort le 23 décembre 2020.

Parfait connaisseur de la révolution russe et du mouvement libertaire makhnoviste en Ukraine, Alexandre Skirda a écrit des ouvrages incontournables sur ce sujet.

Jean-Jacques Gandin, militant anarchiste, lui rend hommage, le 5 janvier 2021, au Centre Ascaso-Durruti de Montpellier.

La suite est tirée du site web du Monde Libertaire

À la suite d’une longue maladie, mercredi 23 décembre notre ami, notre compagnon Alexandre Skirda nous a quittés à l’âge de 78 ans. Est-il allé sur les rives du Dniepr rejoindre Nestor Makhno, descendant de Cosaques zaporogues comme lui ?

Son intérêt pour cette région et sa connaissance de la langue lui avaient permis de connaître le mouvement révolutionnaire paysan du sud de l’Ukraine, héritier de plusieurs siècles de pratique de la démocratie directe. Dans des livres telNestor…

Voir l’article original 445 autres mots

Journal Dissidence |  »De fil en aiguille » par Anna Delso

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De fil en aiguille
Un article d’ANNA DELSO
Journal Dissidence 1982 p. 2-3

La librairie anarchiste L’Insoumise a annoncé récemment qu’Anna est décédée le 28 mai 2020 à Montréal à l’âge de 97 ans. Vous pouvez en savoir plus sur leur blogue au sujet de cette anarchiste espagnole qui a migré à Montréal en 1951 après avoir participé à la Résistance française et avoir été occupé le poste de secrétaire fédéral de l’organisation Mujeres Libres.

L’article qui suit représente donc la vision d’une anarchiste espagnole sur les pratiques syndicales québecoise aux antipodes de ce qu’elle a connu en Espagne. Comme elle l’a dit elle même:

«J’ai eu des bagarres terribles avec le syndicat dont j’étais membre… Je les dérangeais tellement que je me suis trouvée sur la liste noire» – Anna Delso

«De fil en aiguille» a été publié en 1982 dans le journal anarcho-syndicaliste Dissidence. Dans la même parution, vous trouverez sur le présent blogue, les textes «Vers l’anarcho-syndicalisme : quelques pistes» et «L’anarcho-syndicalisme les principes» du Journal Dissidence». Anna a aussi publié son autobiographie : « Trois cents Hommes et moi » aux éditions de la Pleine Lune, Montréal 1989.

De fil en aiguille
Anna Delso
Journal Dissidence
Saint-Tite – 1982

Chicago, 10 novembre 1887, journée sombre pour le syndicalisme international. Des hommes meurent pendus pour que d’autres hommes, femmes et enfant puissent vivre une vie plus décente. Pour qu’ils n’aient plus à supporter des journées de travail de 12 et 16 heures dans les mines, usines de textile et du vêtement, et partout ailleurs où les gens sont exploités sans vergogne.

Quatre hommes montent sur l’échafaud de la ‘’justice’’ un cinquième s’est suicidé le jour même avant l’exécution; il n’avait que 22 ans, comme conséquence d’une journée du mois de mai 1886, où une page de l’histoire du monde ouvrier venait de s’écrire en lettres de sang, lors des événements de HAYMARKET SQUARE de Chicago.

La femme d’un de ceux-là, et pas le moindre, Lucy Parsons, reprend la lutte là où son mari et ses compagnons l’ont laissée. C’est une femme métisse, mille fois ostracisée de par sa condition sociale, la couleur de sa peau, sa vie commune avec un anarchiste considéré comme un des hommes les plus dangereux de l’Amérique, car il éveillait la conscience sociale des gens, fomentait des grèves générales comme moyens d’actions d’action directe pour revendiquer les droits des travailleurs. Elle est couturière. D’autres femmes syndicalistes se joignent à elle.

Les femmes des industries du textile et du vêtement à travers les continents ont toujours figuré au palmarès des luttes, comme les moulineuses de soie des manufactures de Lyon, femmes aux mains mutilées par l’eau bouillante dont elles se servaient pour le traitement des cocons de soie et dont les colères étaient légendaires, arborant le drapeau noir de leur exploitation (plus guenille que drapeau) lorsque le besoin se faisait sentir.

A New York, un 8 mars 1857, a l’occasion d’une grève générale, lors d’une manifestation où les femmes sortent dans les rues, elles se font piétiner par les chevaux de la police. Les grèves se poursuivent, les plus spectaculaires se déroulent en 1909-10.

En 1911, la manufacture de chemises « The Triangle » brule, 146 travailleurs, pour la plupart des femmes, meurent dans l’incendie, car les normes les plus élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées. Encore du grabuge.

À Montréal, les travailleuses et travailleurs du textile emboîtent le pas dans les luttes. Plus tard, de 1934 à 1937, des américains viennent organiser « L’Union Internationale du Vêtement pour Dames ». On ne mentionne alors qu’un seul nom; Bernard Shane, et pourtant… pourtant une femme l’accompagne, c’est une anarchiste, Rose Pezotta. On essaie toujours de reléguer au second plan le rôle joué par les femmes, et celle-là, c’en était toute une, mais elle reçut peu de mérite, sinon aucun; les raisons? On peut les deviner… Elle voyait très clair. Elle voyait dans quelle fange s’enlisait ce syndicat qui fit la gloire des années 1910 à New York, tant et si bien qu’un jour, dégoûtée de voir le déroulement des choses, elle prit sa dignité dans une main et son courage dans l’autre, et retourna sur la machine à coudre. Sa fin fut d’une tristesse difficile à décrire; ce fut la fin des gens qui sont restés honnêtes envers eux-mêmes et envers les autres. D’autres ont récolté les palmes, la gloire et surtout l’argent, beaucoup d’argent. OU DONC SONT-ELLES PASSEES toutes ces luttes, ces colères? Toute la légende du mouvement ouvrier nord-américain? A qui a-t-on vendu tout ça? A qui profite la capitulation? 1909-1910-1934-1937-1982. Où est le changement? Le système de travail à la pièce est resté le même sinon pire.

On vend et on achète de la chair de travailleuse à la livre. Où est la libération, ou l’aide à la libération des travailleuses par les intellectuelles bourgeoises bien nanties, les grandes gueules quoi! DE LA MERDE!!!

Qui sont les ‘’boss’’ du syndicat? Qui l’administre, qui signe les conventions collectives que les travailleuses ne peuvent et ne savent pas lire car on ne les consultent même pas? Elles? Non! Les fonctionnaires, car lorsqu’on devient PERMANENT on cesse d’être travailleur, et on devient un fonctionnaire du syndicat, avec une meilleure paye, un meilleur fonds de pension, des pouvoirs de décisions autocratiques et eux ne risquent jamais d’être congédiés pour activités syndicales, leur job est assurée. Leur action syndicale se limite à quoi en 1982 à l’ »U.I.O.V.D. »? Quel est le degré de complicité de la FTQ? Les cavernes d’Ali Baba et ses quarante voleurs où s’entassent des millions de dollars (50) du fonds de retraite, que beaucoup de membres ne verront jamais? Sans compter les millions qui ont pris le chemin des USA et celui d’Israël sous forme de bon d’épargne, sans compter aussi les dollars perdus dans les fonds de poche de certains. Attendez, ce n’est pas tout, le meilleur est encore à venir avec la « nouvelle gang » qui vient de s’élire toute seule. D’autres « fonctionnaires-boss », d’autres putes entre putes, on ne se putasse jamais.

Vers les années 1950-60, on payait une prime à la tuberculose aux midinettes (environ 500 dollars), c’est grave. On devrait la remplacer par une prime à la patience. Bravo à celles qui ont établi et diffusé le dossier noir de l’industrie du vêtement.

Bravo à celles qui se sont toujours posé des questions et qui questionnaient les autres, même si elles n’obtenaient jamais de réponses. A celles qui ont su déranger les autres, à celles aussi, qui, par leur action, ont fait éclater le scandale et remis en question cette industrie toujours pourrie et toujours maudite à tous les niveaux. A toutes celles-là et aux autres qui surgiront de nouveau: SALUT ET CHAPEAU !!!

Savez-vous quelle était la couleur étendard de leurs revendications aux midinettes pionnières de New York? Le Rose, ne vous en déplaise! Des tas de rubans et de chiffons roses dans leurs manifestations, car le rouge, les récupérateurs de cadavres de toujours se l’avaient aussi approprié, tout comme la journée du Premier Mai. Et sachant les dernières nouvelles d’Italie, « ILS » essaient AUSSI de récupérer les cadavres de Sacco et Vanzetti, morts sur la chaise électrique le 22 août 1927, à la prison d’Etat de Charlestown, dans le Massachussetts, pour un crime qu’ils n’avaient pas commis, mais parce qu’ils étaient des anarchistes et immigrants italiens.

Au Québec, les marxistes de toutes tendances tentent AUSSI de récupérer la lutte des femmes du vêtement par le boycott systématique d’autres femmes anarchistes qui depuis des dizaines d’années mènent la lutte à l’intérieur de l’industrie en tant qu’ouvrière. Ça commence à puer !!

Mai 1886, l’histoire du monde ouvrier est écrite en lettres de sang et elle est là pour y rester tant et aussi longtemps qu’il restera un homme et une femme avec assez de cœur pour continuer ce que d’autres ont entrepris.

A.D. (ancienne travailleuse du vêtement…)

Journal Dissidence | L’Anarcho-syndicalisme: les principes

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Dans ce court texte paru dans le Journal Dissidence (été 1982, Saint-Tite, Québec), l’auteur «D.R.» énumère -très sommairement- en 5 points ce qu’est l’anarcho-syndicalisme.

D’entrée de jeu, on place «syndicalisme révolutionnaire» comme synonyme pour «anarcho-syndicalisme». Cet amalgame contribue à masquer les conflits qui ont existés entre syndicalistes révolutionnaires et anarcho-syndicalistes, particulièrement en Argentine et en France (c’est une autre histoire). Malgré cela, s’en suit les prises de positions typiquement anarcho-syndicalistes: lutte contre les partis et le parlementarisme ainsi que l’abolition du salariat, de l’État (même socialiste) et du capitalisme par l’action révolutionnaire de la classe ouvrière organisée en syndicats. «Ces syndicats doivent être des fédérations libres de con­seils ouvriers autonomes et bien organisés, regroupés en confédérations chargées d’administrer une société autogérée à tous les niveaux.» À noter aussi qu’on y rejette la signature de conventions collectives à la faveur de l’action directe: «Pas de marchandage avec les patrons, pas de conventions signées. L’amélioration des conditions de travail sont le résultat des grèves, boycotts ou sabotages. Comme les conditions de vie peuvent se détériorer à tout moment: finies les interminables procédures de griefs…» Le texte se termine avec une volonté de révolution sociale: «L’action directe la plus importante est la grève générale et expropriatrice (proposée d’ailleurs en premier lieu par les anarchistes). Elle a lieu lorsque la majorité des travailleurs (euses) d’une région décident d’y participer. C’est en fait une révolution sociale car le contrôle économique passe alors chez les ouvriers (ères).»

Lire aussi «Vers l’anarcho-syndicalisme : quelques pistes» aussi du Journal Dissidence

Journal Dissidence
L’Anarcho-syndicalisme: les principes
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Docu | «Écoutez la Bourse du Travail de Paris» de Bernard Baissat (1982)

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Dans la Bourse du travail de Paris: Jean Braire et Jean Maitron
Source: Blogue de Bernard Baissat

80 minutes
Écoutez la Bourse du Travail de Paris
par Bernard Baissat
1982
84 minutes

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Avec Jean Braire, Jean Bruhat, Bernard George, Jacques Julliard, Jean Maitron, Madeleine Reberioux, Denise Tintant, André Bergeron (secrétaire de la CGT-FO), Jean Bornard (CFTC), Edmond Maire (CFDT), Jacques Pommatau (FEN), Georges Seguy (CGT), Chorale populaire de Paris

Anarchist critic of intersectionality

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We are not just bodies that exist in assigned identities such as race, class, gender, ability, and the rest of the usual laundry list. We are also political subjects in a society ruled by politicians, judges, police, and bureaucrats of all manner.

Here are some extracts of the text

Insurrections at the intersections: feminism, intersectionality and anarchism

by Abbey Volcano and J Rogue

Read it completely online on LIBCOM here

In response to various U.S. feminisms and feminist organizing efforts, the Combahee River Collective, an organization of black lesbian socialist-feminists, wrote a statement that became the midwife of intersectionality.

Rather than being conceptualized as an additive model, intersectionality offers us a lens through which to view race, class, gender, sexuality, etc. as mutually-constituting processes (that is, these categories do not exist independently from one another; rather, they mutually reinforce one another) and social relations that materially play out in people’s everyday lives in complex ways.

Intersectionality has been, and often still is, centered on identity.

For instance, it is put forward that we all have a race, a gender, and a class. Since everyone experiences these identities differently, many theorists writing on intersectionality have referred to something called “classism” to complement racism and sexism.

This can lead to the gravely confused notion that class oppression needs to be rectified by rich people treating poor people “nicer” while still maintaining class society.

We don’t wish to “get along” under capitalism by abolishing snobbery and class elitism. Rather, we wish to overthrow capitalism and end class society all together.

We want an end to class society, not a society where classes “respect” each other. It is impossible to eradicate exploitation while class society still exists. To end exploitation we must also end class society (and all other institutionalized hierarchies).

Rather, as anarchists, we call for an end to all exploitation and oppression and this includes an end to class society.

These systems also reproduce one another. White supremacy is sexualized and gendered, heteronormativity is racialized and classed. Oppressive and exploitative institutions and structures are tightly woven together and hold one another up.

What is more useful to us as anarchists is using intersectionality to understand how the daily lives of people can be used to talk about the ways in which structures and institutions intersect and interact.

Unfortunately, a liberal interpretation of intersectionality precludes this kind of institutional analysis, so while we might borrow from intersectionality, we also need to critique it from a distinctly anarchist perspective.

While all these points of struggle are relevant, it is also true that people raised in the United States, socialized in a deeply self-centered culture, have a tendency to focus on the oppression and repression of individuals, oftentimes to the detriment of a broader, more systemic perspective

We are not just bodies that exist in assigned identities such as race, class, gender, ability, and the rest of the usual laundry list. We are also political subjects in a society ruled by politicians, judges, police, and bureaucrats of all manner.

Reproductive justice advocates have argued for an intersectional approach to these issues, and an anarchist feminist analysis of reproductive freedom could benefit by utilizing an anarchist intersectional analysis.

ORGANISE! | An introduction to anarcho-syndicalism: The tactics and vision for a new workers movement

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By ORGANISE!: The voice of anarcho-syndicalism (Ireland)

Organise! (Facebook Page)

Clic here to download the pamphlet

Our first pamphlet, written and published in July 1996, it introduces what an Anarcho-Syndicalist union should be alongside a strategy of how we thought such a union could be achieved.

With sections on Anarchism; Revolutionary Syndicalism; Party Politics and the State; The Environment; Globalisation; Anarcho-Syndicalism and the Trades Unions; Locals; Industrial Networks; Workers Militia; World-wide Anarcho-Syndicalism – The International Workers Association; The Principles of Revolutionary Syndicalism; Ends and Objectives of the IWA; Organise! the Voice of Anarcho-Syndicalism; and or then current Aims and Principles this wee pamphlet still has a lot of value. Along with a lot that could be updated.

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Organise! is an anarchist political group in Ireland who take inspiration from the self directed struggles of working-class people, particularly as organised on anarcho-syndicalist lines. Our history goes back to the original formation of Organise! by the Ballymena and Antrim Anarchist Groups in 1984.

We are actively working to promote solidarity in opposition to capitalism, the state, patriarchy and all other forms of oppression and hierarchy. The way we organise reflects the free society we want to create: one based on voluntary association, democratic participation and self-management.

Our members are workers, claimants, students, migrants, unemployed and other working-class people committed to building a libertarian communist union movement actively opposed to all forms of oppression and exploitation.

We aim to promote solidarity in our workplaces and communities, encouraging people to organise independently of, and opposed to, government, bosses and bureaucrats to fight for our own interests as a class. We see libertarian communism as emerging from working-class struggles in the here and now.

Our activity is therefore aimed at promoting, assisting and developing such struggles, which both benefit our lives today and advance the movement and the future that we all deserve.

Social revolution and revolutionary organisation

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Taken from LIBCOM.org. This is a translation of a text by Vadim from KRAS (Revolutionary Anarcho-Syndicalists’ Confederation – www.aitrus.info), the Russian affiliate of the International Workers’ Association. Lire en français ici

The revolutionary organization creating from us is neither a party nor a usual trade union. In it ground, it is a workers union (syndicate) because it unites working people which resist to the daily exploitation and oppression and which therefore struggle for the shortening of work-time, for the bettering of their material and moral situation. But this bettering isn`t an aim in itself for it but merely a mean for awakening the sources of solidarity and mutual aid slumbering in everybody, for inspire him for revolutionary revolt against the authority and property, against inequality and oppression. […]

So if we want that the general assemblies remain the independent decide-making bodies and that exactly common people are masters of own struggle and destiny – it is necessary for the partisans of such choice to unite and to defend it closely. 
 
It for that why the revolutionary organization is necessary: it must unite in it ranks people which want and can consciously struggle for the triumph of Freedom, Solidarity and Authoritylessness; for people can jointly agree how they live; for a society based upon the self-realization of personality and upon the coordination of human efforts in general assemblies; for the equal possibilities to use the goods of the World – for the Anarchist Communism. Even if only few people join today this organization, we are firmly sure that our crystal-clear ideas sooner or later convict the overwhelming majority of mankind and change the entire World. 

We are communists. But not in this vulgarized and deformed sense which appears us always from pages of papers, from TV channels and broadcasting waves (“communist regime”, “Communist State”, “Communist Party” etc.). The true communism is anarchist, stateless and without authority, free, libertarian. Only hundred years ago, by the meaning of Communists, one can be almost for 100 per cent sure that the matter concerns Anarchists. Just in 1917, this word was stolen by Bolsheviks and it was later crippled by them and made a laughing-stock of entire World…

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