État

L’Histoire noyée dans la Léthé | Chroniques buissonnières (Montréal, 2026)

Texte paru en premier dans Chroniques buissonnières numéro 2 , printemps 2026 (Montréal)

L’Histoire noyée dans la Léthé

Le milieu universitaire et la contre-insurrection

Comment le rejet de la blancheur devint le rejet de l’histoire anarchiste

S’armer de mémoire

  1. Un exemple typique serait le texte, The Enemy Doesn’t Know How Many We Are: A Proposai for Building An Insurgency récemment partagé sur le site de Montréal contre-information. ↩︎
  2. Par exemple, les publications Man! et L’Adunata dei refrattari [L’appel des rebelles] ont été parmi les rares initiatives anarchistes à voir le jour dans les années 1920 et 1930. Très vite, Man! a fait l’objet d’une répression policière croissante, qui a finalement abouti à sa disparition lorsque son rédacteur en chef, Marcus Graham, a été contraint à la clandestinité en 1940. Le rédacteur en chef de L’Adunata choisit également la clandestinité, mais le journal bimensuel continua à paraître jusqu’en 1971. C’est en fait en rencontrant les camarades qui avaient participé à L’Adunata et en découvrant leur passion inébranlable pour la révolution que la génération du Fifth Estate, au milieu des années 1970, fut inspirée à explorer les idées anarchistes. Mais même dans les années 1960, l’un des seuls projets anarchistes qui subsistaient était la Libertarian League, une série d’événements à New York où les jeunes an­archistes d’Up Against the Wall Motherfucker ont entendu parler pour la première fois du concept de groupes d’affinité en rencontrant d’anciens combattants de la révolution espagnole. ↩︎
  3. Un groupe armé d’influence majoritairement marxiste (un des membres, Kuwasi Balagoon, était un anarchiste) et nationaliste noir, composé surtout d’ancien-nes membres des Black Panthers, actif entre 1970 et 1981. ↩︎
  4. La république du Viêt Nam (ou plus communément Viêt Nam du Sud ou Sud Viêt Nam) est un État ayant existé de 1955 à 1975 dans le sud du Viêt Nam actuel. La RVN est au départ soutenue par les États-Unis qui tentent de limiter l’avancée du commu­nisme dans cette région. L’opposition entre les deux régimes vietnamiens provoque la guerre du Viêt Nam, dans laquelle les États-Unis s’impliquent de plus en plus. ↩︎
  5. COINTELPRO (Counter Intelligence Program) est un pro­gramme de contre-espionnage du Fédéral Bureau of Investigation (FBI) sous la direction de J. Edgar Hoover, actif de 1956 à 1971, qui avait pour objectif d’enquêter sur les organisations politiques dissidentes aux Etats-Unis, de perturber leurs activités et éven­tuellement d’assassiner certains de leurs membres. Le FBI et le gouvernement américain ont longtemps nié son existence, faisant passer les allégations pour une théorie du complot. ↩︎
  6. Le Congrès pour la liberté culturel (Congress for Cultural Freedom – CCF), fondé en 1950 et domicilié à Paris, est une or­ganisation culturelle anticommuniste active pendant la Guerre Froide visant à promouvoir la « liberté » intellectuelle et à com­battre l’avancé du communisme. A son appogée, la CCF était active dans 35 pays et publiait plus de 20 magazines, tenait des expo­sitions artistiques et organisait des conférences réunissant des penseurs connus. Le congrès recrutait des intellectuels et des faiseurs-d’opinions de la gauche non-communiste dans sa guerre cultuelle contre le bloc de l’Est. ↩︎
  7. Le group Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP) a été fondé à New York en 1987. La même année, la première section de l’Anti Racist Action (ARA), précurseur des groupes « antifa » Nord Américains actuels, a été créée à Minneapolis, issue d’un autre groupe skinhead antiraciste, les Baldies. L’ARA allait ensuite développer plusieurs sections à travers les États-Unis et le Canada. ↩︎
  8. Le Revolutionary Action Movement (RAM) était une organisa­tion marxiste-léniniste et nationaliste noire active de 1962 à 1968, qui influença la politique révolutionnaire du mouvement Black Power. Le RAM fut le premier groupe à synthétiser les pensées de Marx, Lénine, Mao et Malcolm X en une théorie globale du nationalisme noir révolutionnaire et à appliquer la philosophie maoïste à la condition des Noirs aux Etats-Unis. Il combina le socialisme, le nationalisme noir et l’internationalisme du tiers monde pour appeler à la révolution « au sein de la citadelle de l’impérialisme mondial », c’est-à-dire les États-Unis. ↩︎
  9. Luigi Galleani était un anarchiste insurrectionnel italien ne en août 1864 à Vercelli. Après avoir été condamné à l’exil sur une petite île au large de la Sicile pour ses activités séditieuses, il réussit à s’échapper en Egypte, puis s’installa aux États-Unis en 1901. Il rejoignit d’abord le mouvement des travailleurs immigrés italiens à Paterson, dans le New Jersey où il se mit à éditer le journal anarchiste italien La Questione Sociale. Il déménagea ensuite au Vermont et au Massachusetts, où il lança le journal anarchiste Cronaca Sovversiva. ↩︎
  10. La Salute è in voi ! ( « Le salut est en vous ! ») était un manuel de fabrication de bombes rédigé au début des années 1900 par les anarchistes Luigi Galleani et Ettore Molinari. Les auteurs (alors anonymes) conseillaient aux travailleur-es pauvres de surmonter leur désespoir et de s’engager dans des actes révolutionnaires in­dividuels. Ce manuel en italien fournissait des instructions claires permettant à des amateur-es sans connaissances technique de fabriquer des explosifs. Les chapitres comprenaient « Matériaux explosifs », « Nitroglycérine », « Capsules et pétards », « Dynamite », « Fulminate de mercure » et « Préparation des mèches ». Le manuel a été annoncé pour la première fois en 1906 dans la Cronaca Sovversiva de Galleani. ↩︎

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.